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Plantation d’automne : ce qui va en terre maintenant et ce qui attend mars
Le sol est encore chaud et les clients ont le temps. Pourtant, toutes les plantes ne gagnent pas à passer l’hiver en terre. Un tri pour le chantier.
La rédaction GalaCAD
En octobre, le téléphone sonne de nouveau. L’été est fini, la terrasse est livrée, et il faudrait « vite » une haie le long de la clôture avant l’hiver. Le plus souvent, c’est une bonne idée. L’automne est la meilleure saison de plantation pour beaucoup d’arbustes. Pour quelques plantes, c’est la pire, et ce sont elles qui se glissent volontiers dans le même devis.
Pourquoi l’automne réussit aux arbustes caducs
Une fois les feuilles tombées, un arbuste caduc ne transpire presque plus. Le sol, lui, garde la chaleur de l’été : en octobre et souvent en novembre, il est plus tiède que l’air. Les racines continuent donc de pousser alors que la partie aérienne ne consomme plus rien. Au débourrement, la plante a déjà émis des radicelles et ne repart pas de zéro.
La météo aide aussi. Les pluies d’automne font une bonne part de l’arrosage, et le client n’a pas trois semaines de tuyau à dérouler chaque soir. Celui qui plante en mai se bat dès juin avec la première sécheresse. « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » : le dicton place la bonne période autour du 25 novembre, et il n’a pas tort.
De la chute des feuilles jusqu’aux premières gelées durables, la plantation convient en général pour :
- les haies champêtres à feuilles caduques : charme, érable champêtre, noisetier, cornouiller sanguin, viorne obier, surtout en racines nues ;
- les arbres fruitiers et les arbustes d’ornement, en motte ou à racines nues ;
- les arbres d’alignement et les sujets de grande taille, si la pépinière peut livrer et que le terrain reste praticable ;
- la plupart des vivaces rustiques, si elles sont en terre avant la fin octobre.
Ce qui vaut mieux attendre le printemps
Les exceptions se comptent vite, mais on les oublie souvent.
Les persistants comme le laurier-palme, le rhododendron, l’if ou le houx continuent de perdre de l’eau en hiver. Quand le sol est gelé et que le soleil frappe le feuillage, la racine ne suit pas. On le constate en février : des feuilles brunes, et un client qui demande si les plantes sont arrivées malades. Plantez-les plutôt en septembre, début octobre au plus tard, ou bien à partir de mars. S’ils doivent aller en terre à l’automne, notez dans le devis ou à la remise de chantier qu’il faut arroser les jours sans gel.
Les graminées et les vivaces à reprise tardive (miscanthus, pennisetum, plusieurs sauges) s’enracinent mal dans un sol froid et pourrissent facilement quand l’hiver est humide. Au printemps, la reprise est plus sûre.
Les plantes frileuses comme la lavande, le romarin ou certains hortensias préfèrent aussi mars, au moins en sol lourd et mouillé.
Un exemple de chantier
Prenons une commande comme il y en a partout en ce moment : 28 mètres de limite de propriété, une haie souhaitée, plus un massif de vivaces d’environ 12 m² devant la terrasse, avec graminées, népéta et sauges.
Vous pourriez tout planter en novembre en une seule fois. Pour la haie, ce serait juste. Un charme en racines nues, deux à trois plants au mètre linéaire, coûte moins cher à l’automne et reprend bien. Pour le massif, ce serait un risque : les graminées passent l’hiver dans une terre froide et détrempée, et si la moitié manque en avril, vous repartez en tournée.
Mieux vaut deux passages. La haie maintenant, le massif en avril. Le devis comporte alors deux postes avec deux périodes d’exécution. Le client s’en étonne rarement si vous lui donnez la raison en une phrase. Certains apprécient même de pouvoir rediscuter, au printemps, du choix exact des vivaces.
Ce qui compte au moment de planter
La préparation du sol est la même qu’au printemps, mais la fenêtre est plus étroite. Quelques points font la différence sur le terrain.
Ne pas planter en sol détrempé. Après une semaine de pluie, une terre argileuse se lisse et se tasse dès qu’on marche dessus. Mieux vaut attendre deux jours que de transformer la fosse de plantation en baignoire.
Mettre les racines nues en jauge tout de suite. Si la livraison arrive le vendredi et que la plantation se fait le mardi, les bottes vont dans une jauge, une tranchée où l’on recouvre les racines de terre, pas à l’ombre derrière le camion. Au vent et au soleil, les racines fines sèchent en peu de temps. Un pralinage, c’est-à-dire un trempage des racines dans un mélange de terre argileuse et d’eau, les protège pendant le transport et la plantation.
Plomber, même s’il pleut. Le plombage à l’eau fait adhérer la terre aux racines. Sans lui, il reste des poches d’air, et c’est précisément là que les racines gèlent en janvier.
Pailler avec mesure. Un paillage régularise la température du sol, mais il le garde aussi froid plus longtemps quand le soleil revient. Sur des vivaces, une couche mince suffit. Autour des arbustes, on peut en mettre davantage.
Penser au gibier. En bordure de village, lièvres et chevreuils apprécient les charmes fraîchement plantés. Une protection coûte peu, un regarni coûte une demi-journée.
Ce que cela change dans votre devis
À l’automne, il vaut la peine de séparer proprement ce qui est planté et quand. Trois mentions évitent les discussions au printemps.
La période d’exécution de chaque poste de plantation, par exemple « plantation de la haie semaines 45 à 47, massif de vivaces en avril ». L’entretien après plantation : qui arrose les jours sans gel, qui contrôle les tuteurs des arbres après la première tempête. Et la reprise que vous proposez. Beaucoup d’entreprises lient le remplacement des sujets morts à un entretien de parachèvement convenu. Sans contrat d’entretien, la reprise dépend de l’arrosage du client, et votre garantie ne devrait pas reposer là-dessus.
Si vous tirez vos quantités d’un plan, vous gagnez du temps : longueur de haie multipliée par la distance de plantation, surface du massif multipliée par le nombre de plantes au mètre carré. Le chiffre figure une fois dans le plan et une fois dans le devis, et les deux concordent.
Jusqu’aux gelées
La fin de la plantation d’automne dépend du sol, pas du calendrier. Tant que la bêche entre sans difficulté, on peut planter les caducs. Dans un hiver doux, cela va parfois jusqu’en décembre. Dès que la terre est gelée, on s’arrête. Les sujets en motte tiennent en général quelques semaines, bien mis en jauge et gardés humides, jusqu’à la prochaine fenêtre sans gel.
Un dernier conseil qui tient plus du bureau que du jardin : appelez en février les clients dont une partie du chantier attend le printemps, avant qu’ils ne le fassent eux-mêmes. Si les vivaces se plantent en avril, elles se commandent en février, quand les variétés demandées sont encore disponibles chez la plupart des producteurs.